Cite internationale de la dentelle et de la mode on aura tout vu

About SensationS

on aura tout vu SensationS

Cité internationale de la dentelle et de la mode, Calais
11 juin – 31 décembre 2014

on aura tout vu exposition taiwan

 

 ON AURA TOUT VU SensationS à Taiwan

Du 14.07.2017 au 15.10. 2017

Musée National d’Histoire de Taiwan

No. 49, Nanhai Road, Taipei City, 100 Taiwan, ROC

ON AURA TOUT VU SensationS in Taiwan

From 2017.07.14 to 2017.10.15

National Museum of History

No. 49, Nanhai Road, Taipei City, 100 Taiwan, ROC

outdoor on aura tout vu sensations taiwan1

 

The new exhibition offers visitors a fascinating insight into a unique, poetical creative world, one which explores and experiments using an array of artisanal techniques and new technologies. It is neither a chronological retrospective nor a showcase for the big themes running through the work of on aura tout vu, still less an artistic installation. It is designed as an opportunity to develop new dialogues and interactions with the public, taking visitors into a virtually unchartered yet fundamental territory in the world of fashion discourse. Above all, the aim is to examine the pleasure that fashion items arouse in us. Organized in close collaboration with Livia Stoianova and Yassen Samouilov, the founders of on aura tout vu, the project seeks to bring a fresh approach to fashion creation, understood here as the « manufacture of sensations ». After the A feast for the eyes! exhibition with its emphasis on the visual, this new show embraces all senses in a poetic evocation of a rich array of emotions and sensations. It is the fruit of the unbridled imagination of this pair of iconoclasts.

L’exposition invite à la découverte d’un univers créatif singulier et poétique, fondé sur l’exploration et l’expérimentation de multiples techniques artisanales et technologiques. Il ne s’agit ni d’une rétrospective chronologique ni d’une exposition abordant les grandes thématiques de la production d’on aura tout vu, encore moins d’une installation artistique de pure délectation. Elle se veut l’occasion de développer de nouveaux échanges et interactions avec le public autour de territoires peu abordés dans les discours sur la mode, et néanmoins fondamentaux. Il s’agit avant tout d’interroger le plaisir que l’objet de mode provoque. Mené en étroite collaboration avec Livia Stoianova et Yassen Samouilov, créateurs de la maison de Couture on aura tout vu, ce projet vise à renouveler l’approche de la création de mode, entendue comme « fabrique de sensations ». Après l’exposition Plein les yeux !, le spectacle dont il sera ici question embrasse donc tous les sens, dans une évocation poétique de différentes émotions et sensations, fruit de l’imagination débordante du duo iconoclaste.

Cite internationale de la dentelle et de la mode1

Foreword 

The choice of on aura tout vu for an exhibition is certainly an exciting one. This Paris fashion house has concocted a deliberately bold creative universe, and in it the International Centre for of Lace and Fashion has discovered numerous propositions surrounding both art and clothing that clearly echo one of the museum’s fundamental roles: to broaden the visitor’s perspective and offer alternative aesthetic and cultural viewpoints. Against a backdrop of fragile creative and industrial output due to the economic crisis and a rebalancing of cultural influences worldwide, on aura tout vu is a fashion house that has truly found its own niche, a poetical, spectacular collective casting its critical, ironic gaze on contemporary society. Aesthetically speaking, on aura tout vu always walks the thinnest of tightropes between a solid grounding in the traditional know-how that they master to perfection and their aesthetic choices that border on the outrageous. They have cultivated the art of subverting the codes of good taste. In this respect they resonate somewhat with the aesthetic popularity of Dentelle de Calais®*, for which the age-old cycle of success alternating with disenchantment has resulted in a permanent balancing act between abundance and circumspection.

The love that on aura tout vu harbours for lace has always been manifest. From their earliest collections, this material has been given pride of place, using it as a fabric to structure garments, lending shape to jackets, leggings and delicate camisoles. This loyalty to lace is uncommon, although admittedly the fabric has been used more extensively since its recent return to favour. While lace itself is prominent in on aura tout vu’s creations, the fashion house also attempts to exploit all the most complex technical gestures in the art of couture.Their technical inquisitiveness, generosity and virtuoso skills underpin the artistic liberties they take, the profusion of forms and techniques that so characterizes this fashion house. The identity on aura tout vu has successfully forged appealed not only to the International Centre for Fashion and Lace, but also to the Calais lacemakers.

Throughout the 2014-2015 Autumn-Winter couture collection, collaboration was the name of the game and everyone concerned made a strong contribution to the partnership between the couturiers, our museum and the lace producers. In the exhibition, fashion historian Lydia Kamitsis offers up the work of on aura tout vu (Livia Stoianova, Yassen Samouilov and André de Sà Pessoa, who passed away in 2005), with the emphasis firmly on pleasure and sensations. Delectation and sensory indulgence have rarely been addressed with such ardour. Lydia Kamitsis shows just how daring fashion can be in the hands of these creators; a fashion that often disturbs, a fashion that injects the energy of primary creativity into the universe of luxury and haute couture. They always offer an idiosyncratic insight and, perhaps, an ironic take on our contemporary world, inviting us to savour creations that may have a bitter, sweet or salty flavour. Taste them and see.

by Anne-Claire Laronde Museum curator,

Director of the International Centre for Lace and Fashion

On aura tout vu - Sensations olfactives

Avant-propos

Exposer on aura tout vu est un choix enthousiasmant. Cette maison de Couture parisienne assume un univers créatif audacieux, dans lequel la Cité de la dentelle et de la mode de Calais découvre une multitude de propositions artistiques et vestimentaires qui font écho à l’un des rôles fondamentaux des musées : élargir le regard des visiteurs, proposer des partis pris esthétiques et culturels alternatifs. Dans un contexte créatif et industriel fragilisé par la crise économique et un rééquilibrage des influences culturelles à l’échelle mondiale, on aura tout vu est une maison de Couture qui a trouvé sa place, en proposant son regard poétique et spectaculaire, critique et ironique sur notre société contemporaine.Esthétiquement, on aura tout vu est toujours en équilibre instable entre un ancrage solide dans la tradition de savoir-faire qu’elle maîtrise et des partis pris esthétiques facilement outranciers. La maison aime cultiver l’art de bousculer les codes du bon goût. On retrouve là une certaine résonance avec l’esthétique de la Dentelle de Calais®*, à qui l’amour et le désamour cyclique font jouer un numéro d’équilibriste entre profusion et discrétion.

Son amour pour la dentelle, on aura tout vu l’a toujours manifesté. Dès ses premières collections, la maison lui fait une place de choix dans ses créations, l’utilisant comme une étoffe structurant le vêtement, donnant forme à des vestes, des leggings, de fins caracos. Cette fidélité à la dentelle est peu fréquente, bien que son emploi se soit développé à la faveur d’un récent retour en grâce.Si la dentelle est une étoffe très présente dans les créations de ce collectif, c’est bien l’ensemble des gestes techniques les plus complexes de l’art de la couture qu’on aura tout vu s’efforce d’exploiter. Cette curiosité technique, cette générosité et virtuosité s’accompagnent d’autant de libertés plastiques, de profusion de formes et des techniques qui caractérisent cette maison. on aura tout vu s’est donc forgé une identité généreuse qui a séduit la Cité de la dentelle et de la mode de Calais, mais aussi les dentelliers de Calais. Le temps de la collection Couture automne-hiver 2014-2015, tous se sont portés volontaires pour jouer le jeu de la collaboration entre les couturiers, notre musée et la filière de production.

Au sein de l’exposition, l’historienne de la mode Lydia Kamitsis nous propose de regarder le travail des créateurs de la maison de Couture on aura tout vu (Livia Stoianova, Yassen Samouilov et André de Sà Pessoa, décédé en 2005) sous l’angle du plaisir et des sensations. La délectation, le sensoriel, sont des notions rarement assumées avec autant de fougue que celle d’on aura tout vu. Lydia Kamitsis démontre combien ces créateurs nous offrent une mode qui ose, qui dérange souvent, qui introduit l’énergie de la créativité populaire dans l’univers du luxe et de la couture. Avec, toujours, un regard décalé et peutêtre ironique sur notre monde contemporain, leurs créations invitent à une délectation qui a parfois le goût du soufre, du sucré ou du salé. À chacun de se faire son idée.

par Anne-Claire Laronde Conservatrice du patrimoine,

Directrice de la Cité internationale de la dentelle et de la mode

sensations  noir et blanc on aura tout vu
An offbeat world

In French the name is an exclamation of surprise, bordering on annoyance: “on aura tout vu”, which roughly translates as “you think you’ve seen it all”, neatly sums up the project of Livia Stoianova, Yassen Samouilov and André de Sà Pessoa.

An association of three iconoclasts trained in the fine and applied arts in Sofia, Lisbon, New York, Versailles and Paris, two of them Bulgarian and the other Portuguese, but Parisians through and through, the on aura tout vu collective has carved out a unique niche in the fashion world. Installed in the Palais Royal since 1998, their couture house is a multiform creative adventure that deliberately eschews labels, in both senses of the word : on aura tout vu resists the downward drag of conformism, freely exploring a variety of artistic expressions.

Embroidery, painting, sculpture, welding and sewing all play a part in the creation of original textures that are made out of mixtures, juxtaposition, superposition and hybridization. Their method applies just as well to jewellery and accessories as it does to clothing, technological artefacts, textile sculptures, cases, bottles and furniture, and comes across as a jubilant exploration, a permanent challenge to the dogma of good taste.

Offbeat in every respect, their work overwhelms by the ambiguity of its messages, the sheer extent of its productions, the eclecticism of its frames of reference. Their inspiration is not drawn from the history of styles. Instead their collections are built on metaphors, poetical evocations of the world, critical yet amused observations of contemporary society. Fashion according to on aura tout vu is never a re-creation of bygone modes, as the momentum inherent to their work is not driven by nostalgia. A dash of surrealism, an undertow of humour, a hint of derision, a taste for wordplay and wit, and an unconditional love of the artisanal, the handmade: these are the ingredients that spice the message sent out by each of their collections.

Poetry is omnipresent, a frame of reference clearly asserted by on aura tout vu: shaping their fairytale world as much through objects as through words, poetry is a leitmotif that runs through their communication of ideas, intentions and emotions. The presence of “poetic messages” integrated into their collections in one way or another contributes to their transformation into unique performances. It is not insignificant, for example, that each model in the Summer 2006 collection, presented after the sudden death of André de Sà Pessoa, borrows verses from Paul Eluard’s Poésie ininterrompue (Unbroken poetry) as an ode to the departed: “naked and retiring in sleep”, “barred, guarded and contradictory” or “surprise revealed and broken”… Later there are instances of Anna Akhmatova, Roland Barthes, Balzac (A message from beings and light collection, Summer 2007) and, in striking juxtaposition, Baudelaire, Verlaine, Barbara Cartland, the Countess of Ségur, Desiderius Erasmus, Fernando Pessoa, Le Journal officiel, the Unknown Blog, Lewis Carroll, Figaro économie and Charles Gounod, during a truly memorable “one-woman fashion show” by Emmanuelle Rivière for the Me, myself & I collection (Summer 2008). The actress and model-for-a-day acted out various facets of the contemporary woman, each in suitable attire, each introduced by the appropriate text.

by Lydia Kamitsis Exhibition curator

On aura tout vu - Sensations apothéose

Un monde insolite

Un futur antérieur exclamatif en guise de nom, une expression qui marque la surprise, sinon l’indignation : « on aura tout vu » dit bien le projet de Livia Stoianova, Yassen Samouilov et André de Sà Pessoa.

Né de l’association de trois tempéraments iconoclastes formés aux beaux-arts et aux arts appliqués, à Sofia, Lisbonne, New York, Versailles ou Paris, les uns bulgares, l’autre portugais, tous trois viscéralement parisiens, le collectif on aura tout vu trace une voie singulière dans l’univers de la mode. Installée depuis 1998 au Palais-Royal, leur maison de Couture poursuit une aventure créative multiforme, échappant volontairement à l’étiquette : on aura tout vu résiste au conformisme, explorant avec la plus grande liberté diverses expressions plastiques.

Broderie, peinture, sculpture, soudure, couture, participent ainsi indifféremment à la création de textures inédites, faites de mélanges, juxtapositions, superpositions, hybridations. La méthode, appliquée aussi bien aux bijoux et accessoires qu’aux vêtements, objets technologiques, sculptures textiles, boîtes, flacons ou mobilier, s’apparente à une recherche jubilatoire, un défi permanent aux dogmes du bon goût.

Insolite à plus d’un titre, l’oeuvre déroute par l’ambiguïté de ses messages, l’étendue de ses réalisations et même par l’éclectisme de ses références. C’est qu’ici l’inspiration ne se nourrit pas de l’histoire des styles, les collections se construisant plutôt à partir de métaphores, d’évocations poétiques du monde, d’observations critiques et néanmoins amusées de la société contemporaine. La mode selon on aura tout vu n’est jamais re-création de modes passées, aucune nostalgie ne motive son élan. Une touche surréaliste, un solide sens de l’humour, une pointe de dérision, un goût certain pour les jeux de mots et d’esprit, un amour inconditionnel du travail artisanal, du fait main, sont les ingrédients qui pimentent le récit diffusé par chacune de leurs collections.

La poésie, omniprésente, est une référence clairement revendiquée par on aura tout vu. Moteur de l’univers féerique qu’ils créent autant par les mots que par les objets, elle a toute sa place dans la communication des idées, intentions et émotions. Dès lors, la présence de « messages poétiques » intégrés dans la présentation des collections, sous une forme ou une autre, contribue à en faire des performances singulières. Il est tout sauf anodin, par exemple, que la collection été 2006, présentée après le décès brutal d’André de Sà Pessoa, emprunte à Paul Éluard les vers de sa Poésie ininterrompue comme une ode au disparu composée par chaque modèle : « nue effacée ensommeillée », « barrée gardée contradictoire », « surprise dénouée rompue »… Plus tard seront convoqués Anna Akhmatova, Roland Barthes, Balzac (collection Message des êtres et de lumière, été 2007) ou encore, dans une juxtaposition surprenante, Baudelaire, Verlaine, Barbara Cartland, la comtesse de Ségur, Érasme, Fernando Pessoa, Le Journal officiel, Blog inconnu, Lewis Carroll, Le Figaro économie, Charles Gounod, à l’occasion d’un mémorable « one woman couture show » assuré par Emmanuelle Rivière pour la collection Me, Myself & I (été 2008). L’actrice, mannequin d’un jour, interprétait à tour de rôle différentes facettes de la femme contemporaine, chacune dans une tenue appropriée, introduite par le texte adéquat.

par Lydia Kamitsis Commissaire de l’exposition

On aura tout vu - Cabinet de curiosités human scull red by livia stoianova  yassen samouilov

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